Editorial
L'Europe du vin n'a pas dit son dernier mot
Michel REMONDAT
Co-fondateur et directeur de Vitisphere
Les conséquences de la crise financière de septembre 2009 ont secoué rudement le marché du vin. Un marché c’est souvent un quatuor : producteurs, prescripteurs, distributeurs, consommateurs.
De ces quatre acteurs, je ne sais pas qui a été traité le plus rudement.
Les plus touchés étaient, me semble-t-il, aux deux bouts de la chaine !
Les consommateurs, parce que leur pouvoir d’achat a baissé, notamment en Europe qui absorbe à elle seule plus de la moitié du marché.
Heureusement, les nouveaux pays consommateurs de l’Asie ont vite retrouvé le goût de la croissance et l’envie de goûter au vin.
Bonne nouvelle aussi du côté des Amériques où la consommation de vin progresse dans les générations Millénium et post-Millénium.
Les nouveaux marchés de l’Asie et en particulier la Chine ont sauvé la croissance des échanges internationaux du vin.
Ainsi mis en bonne position, les négociants et les distributeurs envisagent avec optimisme la sortie de la crise.
Pour eux, le risque le plus élevé est le manque probable de vin : le réchauffement climatique et ses perturbations, les arrachages en Europe, les incertitudes de la réglementation,
la prise en compte des contraintes environnementales, la méfiance des financiers pour le marché du vin et aussi l’heure de la cessation d’activité
pour toute une génération de vignerons européens ont entrainé une baisse de la production mondiale, tendance qui devrait se prolonger encore quelques années.
Sur les marchés de production les prix sont à la hausse après une longue période de disette.
Les producteurs, les plus affaiblis par la crise, apprécieront ce réajustement !
Dans ce nouveau contexte, les résultats à l’exportation montrent que l’Europe manoeuvre bien ! L’Italie est de loin le premier exportateur de vin en volume.
L’Espagne est au deuxième rang, et au premier rang pour les vins en vrac. Les producteurs espagnols en ont profité pour multiplier par deux leurs exportations dans tous les pays d’Asie.
L’Allemagne viticole est également très exportatrice, en bonne position au 4ème rang.
La France n’est qu’au 3ème rang en volume, mais au premier rang des pays exportateurs en valeur grâce à ses champagnes et à ses grands crus classés.
Ces chiffres démontrent bien que l’Europe du vin n’a pas dit son dernier mot, mais le glissement des parts de la France dans les échanges internationaux est très inquiétant.
Ne comptez pas sur la rédaction d’EUROWINE ou de VITISPHERE.com pour jouer les Cassandre. Nous préférons penser que l’avenir du vin est dans le mouvement et non pas dans une tradition figée.